Culture et histoire

Chemin de fer de Kettle Valley, photo du Corridor culturel d'Okanagan
Chemin de fer de Kettle Valley, photo du Corridor culturel d'Okanagan

Dans cette région chargée d'histoire et resplendissante de beauté naturelle, les populations aborigènes ont laissé une empreinte indélébile sur le paysage et sur la vie locale.

Les habitants des Premières nations de la région ont en commun leur passé, leur langue et leur culture.

Rassemblés sous le nom de Salish de l'intérieur, les Okanagan, les Secwepemc (Shuswap) et Naklakapmuk (Thompson) étaient des tribus semi-nomades qui se partageaient entre les territoires de chasse et de pêche en été et les campements de maisons semi-enterrées en hiver.

Ces maisons circulaires, appelées kekulis, pouvaient abriter une trentaine de personnes. Découvrez l'une de ces structures remarquables et explorez la culture des Salish de l'intérieur au Parc et musée du patrimoine Secwepemc, près de Kamloops, ou au Centre culturel du désert de Nk'Mip, près d'Osoyoos.

Arrivée des Européens

Les populations aborigènes ont vu arriver progressivement des explorateurs, des pionniers et des immigrants venus d'Europe. Le plus célèbre de ces voyageurs est sans doute Simon Fraser, qui explora et cartographia l'intérieur de la Colombie-Britannique en 1808 pour le compte de la Compagnie du Nord-Ouest. En 1812, la compagnie établit un comptoir pour le commerce de la fourrure sur le site actuel de Kamloops. Ce fut le premier campement non autochtone de la région.

Au cours des décennies suivantes, d'autres Européens s'installèrent pour faire des échanges ou travailler la terre. D'abord modéré, leur flux s'accrut brusquement avec la découverte d'or dans la région de Cariboo-Chilcotin, à la fin des années 1850. En un rien de temps, les villes-champignons se multiplièrent pour accueillir les voyageurs qui se dirigeaient vers les terrains aurifères du Nord de la région. Vous aurez un avant-goût de la vie itinérante de l'époque de la ruée vers l'or en visitant le ranch historique Hat Creek, près de Cache Creek.

Les fruits du travail de la terre

L'arrivée du père Charles Pandosy dans la région insuffla de nouvelles idées pour l'exploration des richesses naturelles de la région. Missionnaire oblat, le père Pandosy fonda la première mission catholique romaine de la région en 1860. Il créa aussi plus tard la première école. Avec d'autres prêtres de la mission oblate, il planta les premières vignes et les premiers pommiers de Colombie-Britannique à Kelowna. Vous pouvez encore visiter la mission de 0,8 ha, entièrement rénovée.

Pendant les années 1890, les immenses pâtures au grand air de la région ne tardèrent pas à se transformer en vergers magnifiquement entretenus. Les vignobles et les arbres fruitiers sont aujourd'hui des industries vitales de la région de Thompson Okanagan. On trouve des vignes et des vergers partout dans la vallée, y compris le premier établissement viticole américain d'Amérique du Nord à Osoyoos, et des festivals viticoles et fruitiers très fréquentés sont organisés tout au long de l'année. La région jouit en outre de conditions quasiment idéales pour la culture de tous types de fruits, parmi lesquels les pommes, les pêches, les cerises et les abricots.

Les vins de Thompson Okanagan remportent régulièrement des prix internationaux, et l'industrie connaît une croissance sans précédent. La plupart des vignobles et des vergers locaux offrent des visites et des dégustations.

Culture doukhobor

Les Doukhobors, qui ont immigré dans cette région de la province uniquement, appartenaient à une secte pacifiste qui voulait échapper à la persécution dont elle était victime en Russie et se sont installés aux alentours de Forks entre 1909 et 1913. Ils ont choisi cette terre car la vallée agricole fertile qui l'entourait leur assurerait une vie en autosuffisance. Leur influence a laissé des traces dans l'ensemble de la région, depuis les restaurants qui servent du bortsch et d'autres plats russes, jusqu'au village douhkobor de Mountainview et au moulin doukhobor.

Développement des chemins de fer et des ressources

Si l'histoire de la région de Thompson Okanagan est marquée par sa découverte et son développement rapide, c'est parce que le chemin de fer Canadien Pacifique (CFCP) transcontinental joua un rôle clé dans son expansion.

Le chemin de fer, qui traversait Kamloops, fut terminé en 1885. Une ligne reliant Sicamous à Okanagan Landing suivit peu après. En 1893, le CFCP lança également des bateaux à vapeur sur le lac Okanagan, créant des conditions propices au deuxième boom économique de la région. La région de Thompson Okanagan ne tarda pas à s'urbaniser et un autre chemin de fer fut mis à l'étude, le chemin de fer de Kettle Valley, en 1910. Construit pour relier la région de Kootenay à la côte de la Colombie-Britannique en passant par le sud de l'Okanagan, il traversait des territoires presque impraticables, parsemés de ponts sur chevalets et de tunnels, sur une longueur de 525 km. À l'époque, il était considéré comme le chemin de fer le plus cher jamais construit au monde.

Aujourd'hui, l'ancien chemin de fer de Kettle Valley est devenu un sentier très prisé des randonneurs et des cyclistes. Le sentier débute dans la ville de Midway, qui abrite également la Gare CFCP de Midway et le Musée de Kettle Valley.

Depuis la fin du 19e siècle, l'exploitation minière occupe un rôle de premier plan dans la région, fournissant au fil des ans d'importantes quantités d'or, de cuivre et de charbon. Mais les temps et les technologies ont changé : les anciennes villes minières de Granite City et de Blakeburn sont aujourd'hui des villes fantômes, et certains des minerais locaux les plus recherchés sont industriels. Vous pouvez encore visiter les villes fantômes de la région en suivant la piste Dewdney, qui part de Princeton.

La plus petite ville du Canada

Avec 625 habitants, Greenwood est la plus petite ville du Canada. Les touristes viennent découvrir ses constructions et ses structures réputées, ses sites historiques et son patrimoine minier et ferroviaire. En 1998, Greenwood a été sélectionnée pour servir de décor à la ville fictive d'Amity Harbor dans « La neige tombait sur les cèdres », un film nominé aux Oscars qui évoque l'histoire de nippo-américains enfermés dans un camp d'internement après la Seconde Guerre mondiale. En réalité, Greenwood a autrefois accueilli l'un de ces camps et la population locale a brusquement augmenté avec l'arrivée de 1 000 internés pendant la guerre. Après la guerre, bon nombre d'entre eux se sont établis à Greenwood, transformant définitivement le caractère de la petite ville.