Culture et histoire

Totems, îles de la Reine-Charlotte, photo de Russ Heinl

Totems, îles de la Reine-Charlotte, photo de Russ Heinl

Il est possible que les premières populations soient arrivées d'Asie via un pont terrestre le long de la mer de Béring. Il y a environ 10 500 ans, des habitants d'une grotte de grès, près du site actuel de Fort St. John, ont laissé derrière eux des outils en pierre, témoignages importants de leur voyage.

Pendant au moins 10 000 ans, la grande région du nord de la Colombie-Britannique a été le territoire traditionnel du peuple des Premières nations. Parmi ceux qui ont parcouru différentes régions, dont les vallées intérieures, la côte nord et les incroyables îles Haida Gwaii, se trouvaient les tribus Carrier Sekani, Wet'suwet'en, Gitxsan, Tsimshian et Haida.

Un lien profond avec l'environnement naturel et les traditions perpétuées de l'art, de la culture et de la conservation des ressources contribuent à l'attraction remarquable qu'exerce le nord de la Colombie-Britannique.

Arrivée des Européens

Avant l'arrivée des Européens, on estimait la population des Premières nations du nord de la Colombie-Britannique à environ 300 000 habitants. Rien que dans les détroits proches de Prince Rupert étaient installés 60 villages Tsimshian. Il s'agissait peut-être de la plus grande concentration humaine en Amérique du Nord, au nord du Mexique.

En 1793, lors de son exploration du nord-est de la région en empruntant la rivière de la Paix et le fleuve Fraser, Alexander Mackenzie devint le premier Européen au nord du Mexique à traverser le continent nord-américain.

Avec l'arrivée des Européens, largement attirés par la faune et la flore abondantes du nord, les populations d'autochtones ont été décimées par des maladies, comme la variole, dont les Européens étaient porteurs. Les nouveaux colons prirent également le contrôle du territoire des Premières nations, soutenus par un gouvernement qui abolissait un grand nombre des droits des autochtones.

Vers 1800, à l'instar d'explorateurs comme Alexander Mackenzie et Simon Fraser, la Compagnie du Nord-Ouest (appelée plus tard à faire partie de la Hudson's Bay Company) établit dans la région des comptoirs pour le commerce de la fourrure. Fort St. John, Fort Nelson et Hudson's Hope devinrent les premières localités européennes de la Colombie-Britannique continentale. Bien plus tard, Hudson's Hope sera connue comme le « pays des dinosaures », à cause des fossiles de dinosaures et des traces encore enfouies dans la terre que l'on retrouve dans cette région.

En développant l'empire commercial de la Compagnie du Nord-Ouest, quatre nouveaux comptoirs furent établis entre 1805 et 1807 : Fort McLeod, Fort George, Fort St. James et Fort Fraser. Faites halte à Fort St. James, site historique national, pour découvrir l'histoire fascinante du commerce de la fourrure au Canada, et notamment un comptoir recréé de la Hudson's Bay Company.

Expansion et développement du nord de la région

Le milieu des années 1800 vit un tourbillon d'activités dans le grand nord de la région. Dans les années 1860, on fit le levé topographique du plateau de Stikine en vue d'établir une route télégraphique éventuelle. Le projet, surnommé le Collins Overland Telegraph Trail, fut abandonné plus tard, lorsque le câble transatlantique fut installé avec succès. Lors de la ruée vers l'or du Klondike en 1897, des prospecteurs se rendirent dans le nord de la Colombie-Britannique et suivirent des itinéraires comme le Telegraph Trail jusque dans le Yukon.

Le 20e siècle vit une période de développement massif dans le nord de la Colombie-Britannique, encourageant la poursuite de la colonisation dans la région. Une incroyable prouesse d'ingénierie fut réalisée en 1942 avec la construction de l'autoroute de l'Alaska, longue de 2 400 km reliant Dawson Creek à Fairbanks en Alaska. Ne manquez pas le magnifique musée de Fort Nelson, mettant en scène la construction de l'autoroute.

En 2000, le traité Nisga'a entra en vigueur. La tribu Nisga'a, qui a vécu dans la région de Nass depuis des temps immémoriaux, négocie avec les gouvernements provinciaux et fédéraux pour obtenir le premier accord d'autonomie gouvernementale contemporain de Colombie-Britannique protégé par la constitution. C'est un événement mémorable dans l'histoire des relations entre la Colombie-Britannique, le Canada et les Premières nations.